A chacun son parler romand


Actualités / mercredi, mars 20th, 2019

Le romand, du français de Suisse

  • Sur les 26 cantons suisses, sept cantons sont au moins en partie francophones : Genève, Fribourg, Jura, Neuchâtel, Valais, Vaud et Berne (!)
  • La seule ville officiellement bilingue du pays est Biel/Bienne, justement dans le canton de Berne.
  • Le français parlé dans ces différents lieux comporte du vocabulaire très spécifique.
  • La RTS (télévision publique) a mis au point un système pour analyser son propre parler romand : le Parlometre.
  • Verdict : à force de lectures et de rencontres, j’use ou connais des mots… surtout fribourgeois !

Romandie, qui je suis !

En cette Journée internationale de la francophonie, le 20 mars, la grande communauté mondiale des francophones se réjouit. En Suisse, c’est tous les jours que la langue française est à la fête.

N’en déplaise aux Français, les Suisses n’ont pas tous le même accent quand ils parlent. De même, nous n’avons pas tous le même vocabulaire selon où l’on vit en Romandie. Magie toute helvétique, on se comprend quand même… et l’on est même souvent d’accord pour les votations. L’adage non officiel qui prévaudrait en Suisse romande : « chacun dans sa vallée et les vaches seront bien gardées ». La seule difficulté que l’on peut rencontrer, c’est avec les formulaires écrits en « français fédéral », pensés en (suisse) allemand et l’administration.

La Radio Télévision Suisse s’est « amusée » à créer et à mettre à notre disposition un outil pour savoir précisément quelles sont les teintes de notre parler romand. Le quiz de 25 questions passe en revue des expressions qui fleurent bon le terroir, à l’étymologie pas toujours très éloquente. En enchaînant les questions, j’ai pour ma part été contraint de tricher un peu. Mes réponses correspondaient moins à ce que j’utilise dans mon quotidien que ce que je connaissais, voire reconnaissais. Résultat, le centre de gravité de mon français  est dans la campagne genvoise, à Puplinge. Un comble pour un « enfant de la Rive droite » ! Le parlomètre m’a cependant assez bien profilé. J’explique facilement la présence de « vaudois » et de « fribourgeois » dans mon français. C’est même un motif de fierté.

La langue française en Suisse, c’est près de 23% des locuteurs (selon l’Office fédéral de la statistique) – chiffre en légère progression ! Le poids politique est limité, surtout que les francophones que nous sommes ne brillons pas par notre maîtrise de l’allemand… Ainsi le « oui » est souvent minoritaire face au « nein ». Les dimanches midis, après les scrutins, les cartes sont assez nettes, pour ne pas dire dichotomiques.

La Suisse diplomatique a pris en main l’organisation expresse du XIIIe Sommet de la francophonie, en 2010. Comme attendu, non sans vagues, surtout outre-Sarine. Au final, l’événement réunissant les chefs d’Etat des plus de 50 pays membres ou observateurs a été un succès. J’ai eu le plaisir d’y participer en tant qu’agent de liaison. En une semaine, il a régné sur Montreux un parfum de perfection pour l’organisation et de sécurité à l’image du Léman. Cette année-là, la capitale fédérale avait laissé briller la station emblématique de la Riviera vaudoise. Neuf ans après, la francophonie continue d’être chantée au bout du Léman, avec le festival Voix de fête.

Sources / références :

Le parlomètre de la RTS – Faites le test et dites-nous ce que vous pensez du résultat, comme du site, d’ailleurs.

Encore quelques jours pour profiter de la Semaine de la langue française et de la francophonie

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